Est-ce que ça vaut toujours le coup de faire un Top ?

Top ou pas 2012

J’ai vu beaucoup de films. Malheureusement, je n’ai pas vu tous ceux que j’aurais voulu et je n’ai pas assez écrit cette année pour justifier mes choix. Trop de boulot, trop de projets en suspens, et souvent l’envie de me faire un musée ou un théâtre plutôt que d’aller au cinéma. J’avoue aussi que j’ai délaissé les sorties ciné pour me replonger dans mes vieux classiques. Pas par lassitude des nouveautés mais plutôt pour questionner la manière même d’aborder les films. Enfin, l’over-distribution ridicule qui a prévalu cette année (souvent 20 sorties par semaine) a provoqué chez moi un phénomène de rejet pur et simple. Alors que vaut mon top ? Je ne sais pas… Je n’étais même pas sûre d’en faire un, non seulement parce que cette cuvée 2012 n’était pas particulièrement passionnante (beaucoup de déceptions et de fadasses productions), mais aussi parce que je voulais éviter de céder au nouveau conformisme du web. Je m’explique : il y a 5 ans, quand j’ai créé ce blog (à l’époque sur la plateforme Overblog), nous étions peu nombreux, la prise de parole était informelle et proposer une sélection différente de la presse papier avait un sens. Maintenant nous sommes beaucoup… Trop nombreux, peut-être, trop semblables, sans doute. La profusion de blogs et autres sites a tué l’anticonformisme que représentait autrefois le web. Alors que les blogs auraient dû refléter un autre regard sur le cinéma, un point de vue différent de tout ce qui se lisait déjà ailleurs, ils se sont enfermés dans un nouvel académisme du fait de leur multiplication. Tout le monde écrit désormais pareil, encense les mêmes films et répond à la même stratégie marketing. Quel est l’intérêt d’écrire sur un blockbuster qui, de toutes les manières, fera des entrées que l’on en parle ou pas ? Pendant ce temps-là, certains films ne sont exploités que dans 3 salles en France dès leur première semaine de sortie et personne ne sait qu’ils existent… Le conformisme web c’est aussi de parler des films avec un mois d’avance. Projections presse, avant-premières, piratage… Tous les moyens sont bons pour s’aligner sur la sacro-sainte règle du preview.  Résultat : tout le monde publie la même chose à la même date. Une course à l’échalotte destinée à générer plus de trafic. Loin de moi l’idée d’attaquer mes collègues blogueurs, au contraire je suis toujours contente d’échanger avec eux et de voir comment évoluent leurs sites. Je constate juste une globalisation de l’analyse filmique, si l’on peut appeler cela ainsi.

Autre normalisation dramatique : la note. Oui, moi aussi j’y ai cédé depuis quelques années pensant que ce serait plus lisible pour mes lecteurs. Mais à quoi bon ? Une note ne reflète en rien toute la complexité d’un film. Une mise en scène peut valoir un 8, un scénario un 6, une direction d’acteur un 4. Et alors dans ce cas là, que fait-on ? Une moyenne ? Cela n’a aucun sens. Comment par exemple évaluer l’intention première d’un réalisateur par rapport au résultat final ? Si les conditions de tournages ont été difficiles ou si le film a eu du mal à se monter, faut-il le prendre en compte ? C’est n’importe quoi ! Voilà pourquoi depuis quelques temps, j’ai décidé d’arrêter les notes. C’est trop réducteur, trop scolaire, trop absurde.  

Sur ce blog, j’ai toujours essayé de privilégier la découverte me disant que si un ou deux de mes lecteurs se laissaient convaincre par mon bavardage pour choisir son film, le pari était gagné. Parfois, j’ai quand même évoqué de gros films, souvent à regret car quand je perdais  mon temps à parler de ceux-ci, je laissais des films plus confidentiels de côté. Je précise que je n’écris pas ici de critique, j’exprime juste ma perception d’un film, estimant qu’il n’y a pas qu’une vérité sur une œuvre mais, au contraire, de multiples lectures. Je me suis toujours évertuée à soigner le contenu, quitte à prendre mon temps. C’est la raison pour laquelle il n’y a jamais ici d’article de remplissage de type « voilà le nouveau teaser du film qui sort dans 6 mois » ou « la première image du nanar de l’année prochaine ». A quoi ça sert, d’ailleurs, Allociné le fait admirablement bien. Je vais donc continuer ainsi, tout en apportant quelques modifications éditoriales qui, je l’espère, ne vous ferons pas fuir pour aller voir avec 6 mois d’avance les photos de Star Wars 25 et le teaser du Hobbit 18.

En attendant je vous laisse tout de même avec une sélection, non pas des « meilleurs films de l’année » mais des films qui m’ont particulièrement marquée et que je reverrai avec plaisir.

Bonnes fêtes à tous et merci pour votre fidélité !

 

LES BÊTES DU SUD SAUVAGE de Benh Zeitlin

THE WE AND THE I de Michel Gondry

OSLO 31 AOUT de Joachim Trier

SUGAR MAN de Malik Bendjelloul (documentaire)

TYRANNOSAUR de Paddy Considine

REBELLE de Kim Nguyen

– AU-DELA DES COLLINES de Cristian Mungiu

LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat (documentaire)

MARGIN CALL de J.C. Chandor

TAKE SHELTER de Jeff Nichols

SUR LA PLANCHE de Leïla Kilani

LAS ACACIAS de Pablo Giorgelli

– INTO THE ABYSS de Werner Herzog (documentaire)

LA TAUPE de Tomas Alfredson

LAURENCE ANYWAYS de Xavier Dolan

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