HAPPINESS THERAPY, une prescription sans conséquences…

Happiness Therapy

Avec sa pluie de nominations aux Oscars (8 catégories dont meilleur film, meilleur acteur et meilleur actrice), Happiness Therapy bénéficie d’un emballement quelque peu délirant.  On ne saurait dire si c’est son casting glamour (Jennifer Lawrence et Bradley Cooper affolant plus d’un tabloïd) ou son potentiel à la Dirty Dancing qui provoque une telle excitation, toujours est-il que cet objet n’en est pas moins insignifiant. En effet, de David O. Russel, on a connu plus époustouflant (The Fighter avec Mark Wahlberg et Cristian Bale) et plus original (Les rois du désert avec George Clooney et encore Mark Wahlberg) que cette petite bluette du dimanche soir. Prenons donc le film pour ce qu’il est, sans en faire des tonnes dans la dithyrambe au risque de laisser croire à un éventuel chef d’oeuvre.  Au départ, l’histoire de Happiness Therapy semble peu réjouissante : Pat vient de perdre sa femme, sa maison et son emploi après un pétage de plomb et un séjour en hôpital psychiatrique. Dans son malheur, il croise une jeune veuve aussi déboussolée que lui et avec laquelle il va tenter de remonter la pente… Parle t-on toujours d’une comédie ? Bien sûr car David O. Russell passe tout à la moulinette de la dérision : les névroses de Pat, les troubles obsessionnels de son père, les angoisses de sa mère ou les séances de tortures mentales chez le psy. Les répliques font mouche et le casting est plaisant (en particulier les seconds rôles : Robert De Niro, Jacki Weaver, Chris Tucker, Julia Stiles). Cela fonctionne tellement bien que la romance a du mal à trouver sa place. David O. Russell hésite, contourne l’histoire pour des intrigues accessoires (à l’exemple des dialogues interminables sur les matchs de football américain). Plus tard, quand le cinéaste se décide enfin à faire le grand saut de la comédie romantique, il fait l’erreur d’abandonner toute ironie pour se conformer aux règles strictes du genre. Oubliez le grain de folie du début car Happiness Therapy prend finalement un chemin bien balisé : deux personnages persuadés qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, des thématiques pour les rapprocher (la solitude, la folie, la danse), le défi à relever (le double pari), le dernier obstacle (l’ex-compagne), les retrouvailles finales (le moment où les deux personnages tombent le masque), sans oublier l’épilogue du bonheur. Bref, on connaît la fin dès la première rencontre des deux personnages car David O. Russell ne se risque pas à l’originalité. Jennifer Lawrence  (Winter’s bone, Hunger games) est charmante et très investie dans son rôle, comme toujours. Bradley Cooper, lui, joue une partition plus complexe que celles auxquelles on le cantonne dans des Very bad trip et autres Limitless insipides.  Alors, on se laisse séduire par ce spectacle pas désagréable mais pas franchement indispensable. 


Titre : Silver Linings Playbook/ Réalisateur : David O. Russell/ Pays : USA/ Durée : 1h54/ Distribué par Studio Canal/ Sortie le 30 Janvier 2013

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