THÉÂTRE : LES 39 MARCHES au THÉÂTRE DES BÉLIERS PARISIENS, PARIS (2013)

39 marches 2

Transformer le film d’espionnage d’Hitchcock en comédie de boulevard loufoque ? Il fallait oser. Eric Métayer fait endosser à ses comédiens 150 rôles hitchcockiens et revisite avec humour l’univers du maître du suspense. L’intrigue de la pièce reste pourtant fidèle au scénario des 39 marches : à Londres, dans les années 30, un homme rencontre une femme durant un spectacle. Elle se dit suivie, il l’emmène chez lui et, quelques heures plus tard, la jeune femme se retrouve assassinée. Embarqué malgré lui dans une dangereuse histoire d’espions, l’homme va devoir prouver son innocence en remontant la piste des mystérieuses « 39 marches »… On se croirait chez Hitchcock mais rien ne se passe comme prévu. Le décor se rebelle et les comédiens font n’importe quoi. La dynamique de la mise en scène est prodigieuse : les acteurs glissent d’un personnage à l’autre dans un espace mouvant les renvoyant perpétuellement aux scènes mythiques d’Hitchcock. Cary Grant poursuivi par un avion dans La mort aux trousses, le cri d’effroi de Doris Day dans L’homme qui en savait trop ou encore le rituel caméo du cinéaste. Sur scène, les perspectives sont constamment remises en cause. Eric Métayer supprime les distances entre les comédiens, les lieux (l’intérieur et l’extérieur d’une même scène se mélangent) et la hauteur (un balcon peut se trouver au même niveau qu’une scène de spectacle) créant ainsi une proximité avec le public. Quant aux dialogues, ils suivent la cadence infernale de la pièce en rebondissant sur chaque évènement sans aucun temps mort. Pendant la première demi-heure c’est à mourir de rire. Après, les quelques failles de l’ensemble se font un peu sentir : deux acteurs secondaires (Kévin Métayer et Charles Templon) bien plus drôles et charismatiques que le duo principal (Christophe de Mareuil et Laura Presgurvic), quelques scènes un peu trop longues par rapport à d’autres (la scène où le faux coupable se cache chez un couple de villageois qui dure presque une demi-heure alors qu’elle est quasi insignifiante dans le film) et une intrigue gérée parfois confusément. Malgré cela, il faut applaudir l’exercice très physique des quatre comédiens qui nous font passer un très bon moment.

Reprise au Théâtre des Béliers (75018), du 12 juin au 26 septembre 2014.

http://www.theatredesbeliersparisiens.com/les-39-marches/

Bande annonce de la pièce :

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