SÂDHU : étrange périple documentaire

SADHU

En plein cœur de l’Himalaya, Suraj Baba s’est installé il y a 8 ans dans une grotte pour devenir sâdhu, un de ces hommes qui se retirent du monde matériel pour se consacrer entièrement à la philosophie hindou. Dans sa propre quête spirituelle, Gaël Métroz a suivi ce personnage fascinant durant 18 mois, l’accompagnant au pèlerinage de Kumbha Mela, captant ses doutes, ses certitudes, son rapport à la modernité et son épanouissement personnel. Sâdhu est un exercice impressionnant, la construction minutieuse d’un portrait idéal. Les images sont belles, pleines de cette sérénité que confère l’hindouisme et vernies comme le nécessite un spectacle documentaire. On est impressionné par ce personnage magnétique devant lequel s’efface rapidement le réalisateur. Émerveillé, quasiment ébloui. Seulement, comment sortir de la photographie parfaite ? De cette fabrication qui se ressent dans chaque scène ? Le sujet est passionnant mais il est pollué par ce souci du détail chic, par cette obsession de l’image immaculée. Gaël Métroz a pourtant vécu une expérience magnifique : il s’était installé dans une grotte, durant quelques mois à côté de son personnage et a partagé la même transcendance spirituelle. Malheureusement, de cette cohabitation, il ne reste rien. Gaël Métroz ne met jamais sa propre expérience en scène, ni le regard qu’il porte sur cette grande foire folklorique qu’est en réalité le pèlerinage tant attendu. Bien sûr, il filme les désillusions de Suraj Baba et l’aboutissement de sa quête. Mais en s’extirpant de son propre récit, en sur-interprétant les images, il en neutralise toute l’authenticité. Et voilà qu’à chaque plan, on se demande combien de prises ont été faites. 

Titre : Sâdhu/ Réalisateur : Gaël Métroz/ Pays : Suisse/ Durée : 1h33/Distribué par Urban Distribution/ Sortie le 6 Novembre 2013

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