SLEEPING BEAUTY de Julia Leigh (2011)

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Tour à tour cobaye scientifique, serveuse, photocopieuse et prostituée, Lucy, une étudiante australienne, n’arrive pas à joindre les deux bouts. Une petite annonce la mène à jouer les poupées endormies dans des salons privés, sans jamais savoir ce qu’elle fait subir à son corps…

ESTHÉTIQUE DU VIDE ET RÉFLEXION CREUSE : SLEEPING ENNUI

Il n’y a rien à comprendre à ce film. Les images s’enchaînent cliniquement sans laisser le temps au spectateur de découvrir l’intériorité de cette « sleeping beauty ». On ne saura donc jamais qui est Lucy, Melissa ou Sara… Peu importe le nom de cette petite poupée offerte au spectateur libidineux qui n’attend que le moment justifiant l’interdiction aux « moins de 16 ans » (censure totalement disproportionnée). Avec sa peau laiteuse, son minois de chaton et ses tenues légères, Lucy est là pour émoustiller le chaland, à l’intérieur et hors de l’écran. Entre la crasse du ghetto et le velours des manoirs, la jeune fille se donne avec indifférence. C’est la même désinvolture qui l’envoie visiter un ami alcoolique, un scientifique effectuant de drôles de tests et une chef de bureau peu conciliante. Mais pour son premier film, l’écrivain Julia Leigh n’approfondit jamais les relations entre ses personnages. Elle n’entre pas dans les détails et nous laisse finalement à l’écart de son sujet. Sleeping Beauty est une vidéo qui répète les mêmes scènes et mêmes lieux à l’infini. Totalement creuse, cette chronique d’une étudiante fauchée insupporte par ses travellings du vide et ses décors de princesse en toc. Pour la cinéaste, rien ne compte hormis une bête ambition esthétique. Dans une ambiance feutrée de backroom chic, la porcelaine et les draps de soie accueillent la perversion de vieux lubriques qui bandent mou. Et nous voilà baillant en attendant la fin.

Titre VO : Sleeping beauty/ Pays : Australie/ Durée : 1h41/ Distribué par ARP Sélection/Interdit aux moins de 16 ans/Sortie le 16 Novembre 2011

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